Palestine, que fait l'Europe?
Conférence organisée par le Collectif 69 pour la Palestine, le 26 novembre salle Rameau
Après une présentation faite par le Président du Collectif 69, les différents intervenants s'expriment:
Marisa Mattias, eurodéputée portugaise, met l’accent sur la position contradictoire de l'Europe qui appuie financièrement l'autorité palestinienne, mais ne fait rien politiquement en faveur de ce pays, certaines nations européennes étant même nettement favorables à Israël.
Gilles Devers : Il est normal qu'un avocat se place sur le plan du droit et pose la question: Que peut l'Europe?
G. Devers développe les actions menées par un groupe d'avocats : 7 ou 8 en France, 2 en Italie, une vingtaine en Grande Bretagne, tous travaillent avec une coalition très ouverte d’associations et se saisissent du droit Juridique.
En effet les pratiques d’Israël représentent la négation du droit. On l’a vu lors de l'attaque de la flottille dans les eaux internationales. Une plainte a été déposée à la cour pénale internationale, le conseil des droits de l'homme de Genève a conclu que la justice doit se prononcer.
L’Europe est claire: la seule frontière juridiquement établie, c'est celle de 1949.
A l’extérieur de cette limite, Israël n'a pas le droit d'exploitation économique et il n'est pas possible pour Israël d'exporter ce qui vient de l'extérieur des frontières de 1949. (cf. arrêt Brita prononcé par la cour du Luxembourg)
Il ne s'agit plus de dire le droit, mais de le faire appliquer, c'est le cas pour la société Agresco qui est formée à la fois par l’État et les exportateurs israéliens. Cette société exporte une large partie de ses produits qui viennent de la colonisation.
Un recours a été déposé devant le tribunal de Créteil par un collectif d'avocats.
Les entreprises françaises ou européennes devraient respecter le droit international ; or elles profitent souvent de la colonisation. C'est le cas des grandes surfaces, des travaux publics, des constructeurs de matériel ferroviaire ou du suédois Volvo qui fabrique.... des fourgons cellulaires pour Israël!
Nous avons toute opportunité d’agir pour faire respecter le droit européen.
Alexandra Thein, eurodéputée allemande, pose la question : que fait l’Europe?
Elle commence à montrer que les avocats anglais sont très actifs et les criminels de guerre israéliens n'osent plus atterrir à Londres.
Le Boycott en Allemagne est difficile à mettre en place pour les raisons historiques que l'on comprend, mais les tribunaux allemands ont refusé le tarif préférentiel pour les produits venus des colonies. L’Europe pourrait rebâtir les structures de l’État Palestinien, mais on sait qu’Israël les détruit à mesure.
Eurodéputée française, Malika Benarab - Attou exprime bien l'horreur de toute colonisation.
Dans le monde actuel, l'Europe peut contribuer à développer une civilisation commune autour de la Méditerranée, mais cela ne peut pas se faire avec une Palestine assujettie, morcelée qui n'est pas maitresse de son destin. De surcroit l'Europe ne peut se contenter d'injecter des sommes considérables en Palestine: 550 millions annuels et 4, 950 milliards d'euros à ce jour, sans contribuer à une solution politique
Le premier objectif à atteindre, c'est l’arrêt de la colonisation de la Cisjordanie, de la colonisation de Jérusalem Est, la fin du blocus de Gaza et de l'expropriation des ressources en eau dont souffre la Cisjordanie.
Dans ce combat, l'économie joue un rôle important : il ne faut pas consommer les produits de la colonisation et l’Europe devrait suspendre les accords d'association tant que les droits de l'homme sont bafoués comme maintenant.
Majed Bamya, diplomate à la Délégation générale de la Palestine auprès de l' Union Européenne, amène le débat au niveau des responsabilités historiques de l'Europe qu'il énumère et commente:
La déclaration de Lord Balfour en 1917 évoquant la possibilité d’un «foyer national juif en Palestine »
Le partage colonial des dépouilles de l'empire ottoman par les puissances victorieuses.
Le mandat britannique sur la Palestine qui a favorisé l'implantation juive au détriment des Palestiniens.
Le génocide des juifs perpétré par Hitler, la seconde guerre mondiale et ses suites amenant à la création d’Israël.
L’Europe a donc une responsabilité historique énorme et devrait tout faire pour résoudre le problème actuel.
Dans le cadre méditerranéen, on nous dit qu'il faut coopérer mais on ne peut coopérer que dans la liberté des droits et la paix, ce qui n'est pas le cas.
L’Europe a reconnu les droits des Palestiniens il y a 30 ans, mais en même temps elle pardonne les exactions commises par Israël et n'a demandé aucune réparation à l'agresseur pour les destructions commises à Gaza. En ce qui concerne Gaza, il faut rappeler que le Hamas a été élu démocratiquement mais peut être que les Palestiniens, s'ils ont le droit de voter n'ont pas celui de choisir leurs dirigeants.
Les relations avec Israël doivent être complètement revues et L’Europe institutionnelle doit se mettre en phase avec son opinion publique.
Les peuples européens doivent continuer à se mobiliser.
Compte rendu par Robert